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CREATION MONDIALE AU CASTLE OPERA DE SZCZECIN 28/09-02/10 2018
Reprise 13-14/04 2019

Mise en scène Damian Cruden
Direction Musicale Laurent Petitgirard
Hubert Claessens, Guru
Sonia Petrovna, Marie,
Paul Gaugler, Victor


"GURU"
Opéra en trois actes de Laurent Petitgirard
Livret de Xavier Maurel d'après une idée originale du compositeur

Editions OSF Productions

Cet opéra est dédié à toutes les victimes des dérives sectaires,
ainsi qu'à celles et ceux qui ont le courage de les combattre.


Enregistré pour le label Naxos en octobre 2010 à Budapest, direction Laurent Petitgirard
Sortie commerciale en août 2011 (Label Naxos)










L'Opéra

Personnages

Guru Baryton
Marie Comédienne
Victor, l’assistant de Guru Ténor
Iris, la femme de Guru Soprano lyrique
Carelli (« le scientifique ») Basse
Marthe (la Mère de Guru) Alto

Les six nouveaux adeptes (Ensemble vocal)

Nouvelle adepte 1 Soprano (la disciple à l’orange)
Nouvelle adepte 2 Mezzo
Nouvelle adepte 3 Alto
Nouvel adepte 4 Ténor
Nouvel adepte 5 Baryton
Nouvel adepte 6 Basse
Choeur mixte Les adeptes

Durée : 2 heures

Orchestration

3 flûtes (2ème et 3ème jouent le piccolo, 3ème la flûte en sol)
2 hautbois
1 cor anglais
3 clarinettes si bémol (la 3ème joue essentiellement la clarinette basse)
3 bassons (le 3ème joue le contrebasson)
4 cors
3 trompettes
3 trombones (le 3ème joue le trombone basse)
1 tuba
1 harpe
1 célesta
1 timbalier
3 percussionnistes
Cordes 14-12-10-8-6 (minimum 12-10-8-6-5 dont 3 contrebasses à 5 cordes)



Distribution au Castle Opéra de Szczecin 28/092018 -02/10/2018

Guru Hubert Claessens
Marie Sonia Petrovna
Victor Paul Gaugler / Juan Noval Moro
Iris

Bo?ena Bujnicka, Magdalena Marchewka

Carelli Guillaume Dussau, Janusz Lewandowski,
Marthe

Gosha Kowalinska, Ewa Zeuner

Nouvel adepte 1 Lucyna Boguszewska
Nouvel adepte 2 Iga Caban
Nouvel adepte 3 Sandra Klara Januszewska
Nouvel adepte 4

Pawe? Wolski

Nouvel adepte 5 Tomasz ?uczak
Nouvel adepte 6 Rafa? Pawnuk
Choeur mixte Chœur de l'Opéra de Szczecin
Orchestre Orchestre de l'Opéra de Szczecin
Chef de Chœur Malgorzata Bornowska
Chef de Chant Mari Laurila-Lili
Chef d'orchestre assistant Antonina Bana?
Directeur Musical Laurent Petitgirard
Directeur Musical associé Jerzy Woloziuk
Mise en scène Damian Cruden
Décors Jérôme Bourdin
Costumes Dominique Louis
réalisation des costumes Agata Tyszko
Lumières Maciej Igielski

Avec le soutien de la société Investimo et du Fond de Création Lyrique (FCL)


Photos M. Grotowski
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ForumOpera.com
, Septembre 2018

.............................................................Note du Compositeur....................................................................

L’opéra « GURU » a pour trame principale les mécanismes de la manipulation mentale dans le cadre d’une secte. « GURU » est un personnage charismatique, extrêmement intelligent, séducteur, manipulateur, au mysticisme dévoyé. Avec Xavier Maurel nous avons voulu suivre un homme à la sexualité exacerbée, avec une relation à l'argent et au pouvoir très trouble qui règne sur une secte composée d’une cinquantaine d'adeptes, retirés sur une île.

L'opéra montre le basculement vers la folie et la mort de cet anti-héros, qui oublie qu'il est l'inventeur de son propre rituel et commence à se croire réellement "l'Elu". La confrontation avec le monde qui l’entoure devient impossible et des dissensions se font jour au sein de sa garde rapprochée. Il perd alors tout sens de la réalité, jusqu'à entraîner ses fidèles et ses proches, dans une spirale suicidaire. Sa folie devient meurtrière.

Montrer sur scène une « secte apocalyptique »

La manipulation mentale se manifeste sous nos yeux, quotidiennement, tout le monde aujourd’hui en a été témoin, elle peut être plus ou moins dangereuse. Elle existe au sein de la famille, dans le travail, les sectes l’utilisent comme une arme. Certaines d’entre elles reposent sur un fondamentalisme religieux, d’autres s’immiscent dans les sphères politiques, intellectuelles ou artistiques, deviennent de véritables puissances financières, quelques-unes, dites « apocalyptiques », conduisent parfois au suicide collectif. La secte de notre GURU appartient à cette catégorie, la plus noire, la plus dangereuse, la plus attirante aussi pour ses adeptes.

Dans cet univers de folie, le langage est le chant.

Une seule femme, Marie, qui vient s’entrer dans la secte au milieu d’un petit groupe de nouveaux adeptes, mais dans le but d’empêcher le suicide collectif, s’opposera à GURU. Elle seule n’entre pas dans cette folie. Elle ne chante pas, elle parle. Il s’agit donc d’un rôle réservé à une comédienne, entièrement écrit rythmiquement, ce qui implique qu’elle ait une parfaite connaissance de l’écriture musicale.

La destruction progressive de la personnalité et de la capacité à raisonner, le bourrage de crâne permanent destiné à faire perdre tout sens critique face aux théories du Gourou, aussi insensées puissent-elles être, s’accompagnent d’un manque total de dialogue entre adeptes. La parole du Gourou devient la seule référence de l’adepte, dans une relation à sens unique. C’est vers lui seul que doivent monter les chants. La musique même est, dans cet opéra, l’enjeu et l’instrument du drame. La parole chantée devient, devant nous, l’instrument de la destruction.

 

Les autres personnages sont Iris, la compagne de GURU, mère de leur enfant qui va mourir faute de soins, Marthe, sa mère, Victor, son assistant et Carelli, l’inévitable caution scientifique du groupe.

L'opéra se termine par un suicide collectif que malgré tous ses efforts Marie, qui sera la seule survivante, n’arrivera pas à empêcher.

Un opéra militant et engagé

Si la mégalomanie du personnage de GURU, l’isolement de la secte et le terrifiant suicide de masse évoque « Le Temple du Peuple » de Jim Jones et les 923 morts de la tragédie de Jonestown, les théories dont nous nous sommes inspirées pour en montrer l’horreur renvoient surtout à celles du « voyage après la mort physique» que l’on retrouve dans de nombreuses sectes.

GURU se veut un opéra militant, avec le but assumé de dénoncer la manipulation mentale. Mon premier opéra « Joseph Merrick dit Elephant Man » (Prague et Nice 2002, Minneapolis 2005) traite de l’exclusion, au travers du tragique destin de cet homme atteint d’une Neurofibromatose aigüe, au physique repoussant mais doué d’une très grande sensibilité.

Dans un certain sens, les membres d’une secte sont également victimes d’exclusion. Elle ne se manifeste pas sous la forme d’une solitude, comme celle d’Elephant Man, mais dans une coupure totale avec le milieu familial et dans cette soumission absolue au Gourou. Chaque membre de la secte est « isolé », au milieu d’un groupe dont il ne peut espérer aucun soutien.

Qui peut résister ? Qui est suffisamment structuré psychologiquement pour affronter ces fanatismes dont la première apparence peut être parfois séduisante ? Marie, l’héroïne, parle, pour échapper à cette langue de la secte, qui pénètre dans tous les cerveaux, et qui utilise la musique. Nous avons voulu montrer aussi le fonctionnement d’une secte en réfléchissant à des cas concrets, à des situations hélas bien connues, telle celle de l’utilisation des enfants.
Les mille disciples de Jim Jones, essentiellement afro-américains, qui l’ont massivement suivi en Guyana sont radicalement différents des Français, des Suisses et des Canadiens qui ont été séduits par Luc Jouret et Joseph di Mambro dans l’affaire de la secte du Temple Solaire.
Les premiers sont des pauvres, très peu instruits, les seconds des bourgeois prospères et diplômés.
Tous étaient probablement en situation de fragilité psychologique Pourquoi rien n’a-t-il pu freiner cette fatale course à l’abîme ? L’approche de ces êtres en perdition par des disciples rabatteurs dont ils sont les proies, puis par le Gourou en personne, peut passer par le prêche, la violence et la peur, comme avec Jim Jones ou par la séduction d’un discours ésotérique alambiqué, souvent doublé d’une pseudo caution scientifique.

Dans tous les cas on retrouve une paranoïa, la volonté d’être les seuls à savoir et la dénonciation de ce que notre GURU appellera « La Conjuration des Imbéciles ». Ce processus bien connu de « séduction-destruction-reconstruction » se retrouve dans la plupart des mouvements sectaires.

Impossible d’avoir une discussion argumentée avec l’un de ces disciples, même ceux qui ont encore des contacts avec leurs proches. Leur esprit est formaté, les arguments les plus étayés n’ont aucune prise sur eux. Pire, la réalité des faits, qui démentent formellement les théories du Gourou, n’ébranlent en rien leurs certitudes. La fin du monde peut ainsi être annoncée régulièrement par tel ou tel Gourou sans que rien ne se passe à la date indiquée, leurs adeptes continueront à avoir en eux une confiance aveugle. Ils ont leur langue, qui les enferme. Je voulais qu’on entende cela.

Xavier Maurel a su magnifier ce sujet qui me tenait à cœur en l’enrichissant par des situations conflictuelles fortes et par son écriture au style épuré et imagé. Son sens inné du rythme m’a été précieux et a grandement facilité notre passionnante collaboration.

Après avoir défini avec lui les éléments essentiels du canevas, je l’ai laissé libre d’écrire le livret. Nous n’avons pas cessé de dialoguer, mais c’est lui qui a construit cette histoire. L’écriture de l’opéra, commencée en juin 2006, a été achevée en octobre 2009. Il a été enregistré un an plus tard pour le label Naxos à Budapest avec le Hungarian Symphony Orchestra Budapest, placé sous ma direction.

GURU sur scène

Je suis très heureux que la direction du Castle Opéra de Szczecin ait eu le courage de se lancer dans la production d’une œuvre engagée qui sera ressentie, je l’espère, comme un signal d’alarme devant un phénomène de société aux conséquences dramatiques. De Jim Jones à Daesh ou encore la secte japonaise Aum, les chemins de l’absurde se croisent.

L’ile de notre sinistre GURU est peut-être en bas de chez vous.

En commençant bien sûr par Xavier Maurel, je tiens à remercier Jacek Jekiel et Jerzy Woloziuk pour leur enthousiasme et leur curiosité, Stanislaw Suchora pour l’introduction de cet opéra en Pologne, Jean-François Godin pour son soutien indéfectible, Damian Cruden pour son imagination scénique débordante, le Fond de Création Lyrique, l’Institut Français de Pologne et tout le personnel artistique et technique de cette production, avec une pensée particulière pour le grand baryton Hubert Claessens et l’irremplaçable Sonia Petrovna, sur la scène comme dans la vie.

Laurent Petitgirard

Avec Xavier Maurel




Synopsis

Les membres d’une secte vivent reclus sur une île, sous l’influence de Guru, leur maître à qui ils ont remis et leurs biens et le soin de guider leur vie. Autour de Guru, Marthe, sa mère, Iris, une adepte désormais délaissée de qui il a eu un enfant, ainsi que Victor et Carelli, respectivement « financier » et « scientifique » de l’organisation.
Sur ses disciples, Guru exerce une autorité totale. Ils respectent scrupuleusement les règles de vie qu’il a édictées et, affaiblis, fanatisés, ne se nourrissent que d’une préparation de Carelli, à base d’eau de mer, censée les mener à la « transparence », ultime étape de sainteté avant le « grand voyage » (la mort, bien sûr).
Quand l’ouvrage commence, de nouveaux adeptes viennent d’arriver sur l’île. Parmi eux, Marie, qui se tient à l’écart, observe et, surtout, refuse de chanter avec les autres (ce sera de bout en bout un rôle parlé, mais rythmiquement). Elle déclare ouvertement à Guru qu’elle est « venue pour le détruire ».
Guru, sûr de lui jusqu’au délire, veut voir en Marie une épreuve qui lui est envoyée, et c’est avec stupeur que Marthe et Victor s’aperçoivent qu’il s’est maintenant pris à croire à son propre pouvoir et à ce qui reste pour eux une simple fumisterie destinée à abuser les esprits faibles.

C’est dans ce contexte que l’enfant d’Iris, qui avait été déclaré sacré par Guru et qui, à ce titre, dépérissait, véritable icône vivante à peine nourrie, dans le sanctuaire de la secte, montre des signes de son agonie. Sous l’influence de Marie, les adeptes déstabilisés veulent s’opposer à la volonté de Guru et tenter de sauver l’enfant. Lorsqu’il meurt, Guru les retourne avec brio en empruntant aux thèses fantaisistes de Carelli la matière d’un galvanisant discours.
L’événement cependant précipite les choses. Guru déclare que le « grand voyage » ne doit plus attendre et le fixe pour le lendemain. Il ordonne à tous de préparer et de se préparer à ce qui ne sera rien d’autre qu’un vaste suicide collectif.

Iris, seule et désespérée par la mort de son enfant, se suicide la première, réussissant en quelque sorte par là à échapper à l’influence de Guru. Alors que, sous les ordres de Guru et de Carelli, tous se préparent à boire l’« eau préparée » qui doit les conduire vers la « vie véritable », Marthe, ramenée à la raison par la mort de l’enfant puis par celle d’Iris, tente de s’opposer, mais elle meurt des mains mêmes de son fils. Victor, qui tentait de fuir est ramené par des adeptes, et il meurt à son tour, lynché par la foule. Quant à Carelli, il est celui que Guru oblige à boire en premier. Il meurt dans d’atroces douleurs que Guru parvient à faire passer pour l’illumination promise.

Guru, dans un ultime défi, laisse Marie prendre la parole, pour tenter de détourner les adeptes de son projet. Mais toute l’éloquence qu’elle déploie ne parvient à produire sur leur fanatisme que l’effet inverse, et à les convaincre au contraire de boire au plus vite. Ce qu’ils font, en effet, et, pris par d’insoutenables douleurs, ils meurent les uns après les autres, avec de déchirantes plaintes, sous les insultes de Guru qui leur enjoint de se montrer à la hauteur de l’élection dont par cet acte ils sont les objets (il devra même en forcer lui-même certains à avaler le poison)…
Guru et Marie se font face maintenant parmi les derniers râles. Il veut la faire boire à son tour, mais elle le convainc qu’il doit boire avant elle, et qu’elle le suivra ensuite. Lorsqu’il est lui aussi terrassé par la douleur, Marie lui répond comme il a répondu lui-même aux adeptes. Il se jette à la mer, bientôt suivi par la dernière fiole de poison que Marie lance en hurlant son impuissance et son chagrin au milieu des cadavres…

CD

Distribution de l'enregistrement à Budapest (8-25 octobre 2010)

Guru Hubert Claessens
Marie Sonia Petrovna
Victor Philippe Do
Iris Karen Wzierba
Carelli Philippe Kahn
Marthe Marie-Noel Vidal
Nouvel adepte 1 Andrea Csereklyei
Nouvel adepte 2 Sára Dezsö
Nouvel adepte 3 Gabriella Galbács
Nouvel adepte 4 Lajos Fodré
Nouvel adepte 5 György Philipp
Nouvel adepte 6 Kornél Mikecz
Choeur mixte Budapest Studio Choir
Orchestre Hungarian Symphony Orchestra Budapest
Chef de Chœur Kalman Strausz
Chef de Chant Mari Laurila-Lili
Directeur Musical Laurent Petitgirard

Cet enregistrement a bénéficié du soutien de :

INVESTIMO



Naxos 8-660300-01, Sortie mondiale août 2011
Guru est disponible en téléchargement en qualité Studio Masters sur Qobuz

Critiques


Classica, Septembre 2011

Les extraits synchronisés

Couverture : Tableau de Christian C
"La conjuration des imbéciles"
Acte I scène 2
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"Victor et Guru"
Acte I scène 4
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"Monologue de Guru"
Acte I scène 6
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"Les adeptes veulent voir l'enfant"
Acte II scène 2
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"Guru et Marie"
Acte II scène 3
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"Il est mort"
Acte II scène 4 (2ème partie)
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Acte III scène 1
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"Préparatifs et mort de Victor"
Acte III scène 4 (Extraits)
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"Le supplique de Marie"
Acte III scène 6
Voir la partition synchronisée
"Le sacrifice"
Acte III scène 7
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Le livret complet


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Galerie Photo

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